Lannion. Des conserves contre le gaspillage alimentaire

Lannion. Des conserves contre le gaspillage alimentaire

Une récente étude de l’Adess dans le Trégor a mis en évidence une triste réalité : des milliers de tonnes de denrées alimentaires finissent à la poubelle. Pour y remédier, un test va être mené à la conserverie du Trégor qui mettra son laboratoire à disposition.

L’Association de développement ouest Côtes-d’Armor (Adess) a mené une étude auprès des acteurs du secteur alimentaire entre avril et juillet 2018. « Cette étude visait à réaliser un état des lieux concernant leurs besoins », indique Frédéric Le Bras, coordinateur de l’association.

Des milliers de tonnes de déchets alimentaires

32 entretiens ont ainsi été menés auprès de producteurs, de professionnels de la restauration (y compris collective), de grandes et moyennes surfaces, d’associations… « L’étude a révélé une grande quantité de déchets alimentaires que l’on peut compter en milliers de tonnes », résume Frédéric Le Bras. Une solution pour remédier à ce gâchis est apparue. « Nous allons expérimenter un espace partagé de transformation alimentaire sur une période de quatre mois. »

Pour cela, Bruno et Olivier Goarin, les deux associés fondateurs de la jeune Conserverie du Trégor, nichée dans la zone artisanale de Troguéry ont répondu à la sollicitation de l’Adess. « Nous sommes actuellement en phase de démarrage. Notre laboratoire ne tourne pas à plein régime », indiquent les deux frères.

Des tomates au coulis

La formule se veut assez souple. « Si les professionnels sont à même de faire leurs conserves eux-mêmes, ils le font. Sinon, je travaillerai leurs produits avec leurs recettes. » Bruno Goarin est en effet conducteur d’autoclave, une habilitation obligatoire pour utiliser la machine, dédiée à la confection de conserves.

Déjà, certains y voient des débouchés. « Un surplus de tomates ? Mieux vaut le voir finir en coulis que dans un champ. Les courgettes permettent de réaliser de la ratatouille… », évoque Frédéric Le Bras.

Fruits et légumes moches

Pour l’entreprise, c’est un moyen de rentabiliser son outil de production, qui comprend le laboratoire, un autoclave, une souffleuse une capsuleuse, une sauteuse de 120 litres, un four, un réfrigérateur, un robot de coupe et un mixeur. Du matériel professionnel que la conserverie met déjà au service d’autres professionnels.

« Le dispositif s’adresse à ceux qui produisent en grande quantité, sans avoir de débouchés sur l’ensemble. » Cela peut ainsi permettre de donner une nouvelle vie aux fruits et légumes moches. De quoi apporter de l’eau au moulin de l’économie circulaire, à l’instar de la Banque alimentaire dont les fruits trop mûrs terminent en confiture grâce à Émeraude ID.

Atelier de transformation alimentaire partagé : prestations à la journée ou travail à façon. Contact : tél. 02 96 14 67 58.